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Comparatif OCS GBII - The Final Lurch

mercredi 22 avril 2020, par Vincent

Voici la situation de deux parties du même scénario d’OCS GBII, 7.2 Operation Typhoon, Campaign Start II, 15 Nov 41 — The Final Lurch, à la même date du 22 janvier 42 :

Ces deux parties ont utilisé quelques règles maisons, attachées à cet article, qui couvrent notamment :

  • Une limitation du commandement des unités par les HQ,
  • Des zones d’opération d’armées (ou de fronts),
  • Des limites soviétiques de coordination.

Ce scénario s, est avéré réellement très intéressant. Même si à première vue, on peut penser qu’il ne s’y passera pas grand chose, les Allemands étant exténués et au bout de leur course et les Soviétiques très abimés par les six mois précédents de Barbarossa. Néanmoins, les deux boxeurs se font face et chacun a des opportunités de créer une concentration pour déclencher une offensive et faire craquer un ou plusieurs secteurs de l’ennemi. Et comme aucun des deux n’a de réserve, cela peut dégénérer rapidement.

Comme toujours avec OCS, il est primordial de regarder pour chaque secteur, Armee, Front, quelles sont les sources de ravitaillement, si elles sont multiples, si elles sont menacées et faire ses plans soit pour les couper soit pour les renforcer ou les doubler.

De plus, le calendrier fait apparaître des périodes différentes qui sont autant d’opportunités, par exemple :

  • Jusqu’à fin janvier 1942, les Allemands sont exsangues en matière de munitions et d’essence et sont peu capables de contre-attaquer advenant une attaque sérieuse soviétique.
  • À partir de février, la Wehrmacht reçoit de nombreux renforts d’infanterie qui vont permettre de faire monter au front des divisions d’infanterie pour dégager les unités blindées et les conserver en deuxième ligne pour des contre-attaques locales ou des offensives partielles.
  • Jusqu’à la fin janvier, les Soviétiques reçoivent énormément de renforts de tout genre, de qualité diverse, qui peuvent facilement solidifier certains endroits mais surtout être concentrés et utilisés dans des attaques locales difficiles à arrêter.
  • À partir d’avril 42, les Soviétiques mettent en ligne de très nombreux corps blindés qui donnent une ossature sérieuse à leurs offensives.
  • Le Schwerpunkt passera au Sud — c’est-à-dire hors du scénario — pour les deux camps vers mai-juin 1942, ce qui veut dire moins de ravitaillement et moins de remplacement de troupes et même quelques retraits d’unités importantes pour aller combattre à Stalingrad.
  • Sans compter le régime des saisons et des ses boues printanières et automnales qui figent les situations pendant de longues semaines...

La partie B s’est arrêtée par un abandon des Soviétiques à cette date du 22 janvier 1942. La partie C a continué jusqu’à fin août et s’achemine vers un match nul (ou une victoire soviétique si on considère les règles initiales de détermination de victoire).

Différences

Au premier regard sur les cartes, les différences ne sautent pas nécessairement aux yeux, mais en se portant sur les détails, elles apparaissent nombreuses et résultent des décisions différentes prises par les joueurs.

Points de victoire (PV)

Partie B : 72
Partie C : 48

Au départ, ils sont à 65. À la fin de la partie, fin mars 42, on fait la moyenne entre le niveau final le plus haut atteint pendant le cours de la partie. Moins de 50 : victoire soviétique ; plus de 60, victoire allemande. La partie C arrive avec 56 à un match nul fin mars.

Dans le scénario original (avant erratum), le but était pour les Allemands ne pas descendre en-dessous de 34, la situation est certes différente dans les deux parties même si dans les deux cas le camp allemand conserve une avance.

Contrôle des villes

Kalinine
Partie B : Allemand
Partie C : Soviétique

Partie B - Rzhev et Kalinine
Partie C - Rzhev et Kalinine

Kalinine est un saillant allemand en début de partie qui n’est ravitaillé que par camion le long de deux chemins et qui constitue un objectif de 10 PV très intéressant pour les Soviétiques.

Dans la partie B, cet objectif a été complètement négligé par les Soviétiques. Les Allemands ont même cherché à l’élargir en attaquant en direction de Klin afin d’isoler la 30e armée soviétique postée entre les deux villes. Cette attaque s’est révélée un échec sur le terrain mais une grande réussite psychologique, donnant aux joueurs soviétiques l’idée fausse que les Allemands pouvaient constamment être agressifs et leur refusant d’imaginer qu’ils pourraient à leur tour attaquer en grand.

Couper Kalinine est cependant assez difficile, le terrain étant très fermé et pourrait nécessiter de prendre Rzhev, allemande au départ, ce qui est encore plus difficile, vu l’accès à la ville par le nord et les fortifications qui l’entourent.

Tula et Stalinogorsk
Partie B : Tula soviétique, Stalinogorsk allemande
Partie C : Soviétiques

Partie B - Centre de Moscou à Tula-Stalinogorsk
Partie C - Centre de Moscou à Tula-Stalinogorsk

Initialement, le Soviétique contrôle les deux, Tula très fortifiée et Stalinogorsk très exposée. Il est assez évident pour les Allemands de vouloir s’emparer de la seconde pour les 2 points de victoire, mais surtout pour l’aérodrome et pouvoir ensuite se rabattre sur l’arrière de Tula.

Dans la partie B, c’est ce qui s’est passé, mais l’espoir du joueur allemand de voir le Soviétique prendre peur ne s’est pas matérialisé et ce dernier a su conserver Tula solidement et a même conduit à des attaques depuis cette position, d’abord en direction de Kaluga puis contre Stalinogorsk. C’est d’ailleurs la réponse allemande, dévastatrice, à cette dernière attaque qui a précipité l’abandon soviétique.

Ces deux villes valent d’être prises par les Allemands, surtout celle qui peut l’être sans effort. Mais il faut garder en tête que le fleuve Oka plus au nord constitue une autre ligne défense de Moscou et que c’est plus une prise intéressante pour les points de victoire que pour accéder à la capitale.

Pour les Soviétiques, c’est un nœud important à défendre, d’autant qu’il force l’allemand à être en porte-à-faux logistique, relié à Orel et Kursk par une longue voie ferrée difficile à défendre car très exposée sur son côté est.

Voronezh
Parties B et C : Soviétique

Partie B - Voronezh
Partie C - Voronezh

Dans la partie B, la 2. Panzerarmee de Guderian a lancé une vaste offensive très mobile visant dans un premier temps à déséquilibrer les joueurs soviétiques, les inquiéter et à attirer dans le sud de nombreux renforts pour qu’ils ne puissent constituer une force d’attaque à Kalinine. Mais devant son succès initial, l’objectif a été de prolonger plus à l’est pour isoler Voronezh de Moscou et éventuellement l’assiéger en coupant ses voies de communication. Si la première partie a été une belle réussite, la seconde a été rapidement abandonnée face à la quantité de renforts amenés qui ont su fermer l’accès le long du Don et de la Voronezh.

Dans la partie C, ce sont les Soviétiques qui ont su le mieux exploiter cette zone très ouverte en avançant et en allant jusqu’à prendre Kursk dés le 1er décembre !

Stratégies

Pour la partie B, le plan allemand était le suivant.

  1. Lancer quelques actions pour déstabiliser le Soviétique et le pousser psychologiquement à des positions de repli pour éviter qu’il n’attaque pendant les trois premiers mois d’hiver où le froid sévit, détruit les blindés allemands en quantité et gèle tout le ravitaillement ferroviaire.
  2. Se tenir en position défensive au printemps avec des réserves motorisées et blindées prêtes à contre-attaquer toute agression soviétique éventuelle en conservant un œil sur le réseau de ravitaillement et en lâchant du lest en points de victoire si nécessaire.

Le camp soviétique n’avait pas de plan stratégique, de son propre aveu, se contentant de diviser en deux parties égales les renforts, de bombarder les lignes ennemies et de viser des attaques limitées, sans visée stratégique.

Dans le courant de la partie, le plan allemand a été suivi et tandis que les objectifs territoriaux des différentes attaques se sont souvent révélés hors de portée, les objectifs psychologiques ont été réalisés, la hantise des Soviétiques étant constamment de ne jamais laisser les Allemands avoir deux tours d’affilée.

En revanche, les Soviétiques ont fait preuve à certains moments stratégiques — Klin, Tula — d’un refus courageux de plier et de rentrer dans le rôle de repli que tentaient de leur imposer les Allemands.

De par les positions initiales et les objectifs de victoire, ce scénario demande au Soviétique d’attaquer s’il veut gagner. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante et difficile en plus.

Si nous rejouons ce scénario, je serai très heureux de tester et d’expliquer un plan possible pour le camp soviétique visant à faire craquer la Wehrmacht avant mai 1943. J’ai une idée que j’espère pouvoir un jour en pratique avant de la rendre publique...

Pour suivre le détail des deux parties :

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